"L'Orme du Caucase" de Jiro Taniguchi et Ryuichiro Utsumi - fin

L'Orme du Caucase contient donc une dizaine de nouvelles d'environ 20 à 30 pages chacune qui explorent avec délicatesse des problématiques de la vie quotidienne aussi simples qu'essentielles. Comme à l'habitude, le trait et la mise en case sont sobres, très occidentalisés, si bien que l'on a parfois l'impression de lire une bande dessinée franco-belge plutôt qu'un manga. Surtout, l'exposé et le développement de chaque histoire est réalisé avec une grande douceur. De larges cases vides d'action, en apparence décoratives et pourtant indispensables à la création de l'atmosphère positive qui irradie de chaque page modèrent le rythme de la narration. Et le recours inhabituellement fréquent pour ce type de récit à un narrateur externe fait le lien avec les nouvelles « écrites » qui les ont inspirées.
 
On découvrira ainsi dans Les Environs du musée comment la vie d'une vieille femme peut se trouver bouleversée par la découverte de l'amour, dans Le Parapluie à quel point il peut-être difficile de se comprendre pour des frères et sœurs élevés de manière différente dans une famille déstructurée, dans Le Cheval de bois, le traumatisme que peut représenter pour un enfant un événement anodin en apparence ou encore dans L'Orme du Caucase éponyme, comment la majesté et l'immuabilité d'un arbre centenaire peut amener celui qui y est réceptif à reconsidérer radicalement ses priorités de vie...
 
A lire ou pas ?
Oui. En vacances, le week-end, dans les transports en commun après avoir fermé la porte du bureau, dans un parc un sandwich à la main durant la pause de midi, tard le soir quand le sommeil ne veut pas venir... En tous cas à un moment où vous pourrez prendre le temps de savourer et de vous laisser toucher par ces morceaux de quotidien justes et forts.
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Thème Magazine -  Hébergé par Overblog